Dieu : Existe t'il ?

Dieu : Existe t'il ?
Y a t-il des éléments sérieux qui pourraient nous faire croire en l'existence de Dieu ? Aujourd'hui peut-on croire en une Création quand la théorie de l'Evolution prétend le contraire ?...

Est-ce que Dieu existe ?". L'anthropologie montre que dans
toutes les civilisations, depuis l'aube de l'humanité jusqu'à aujourd'hui, il y a toujours eu cette pensée d'un Dieu, être suprême, source des origines (voir l'article anthropologique : "Est-ce l'homme qui a inventé Dieu ou l'inverse ? ")


Comment peut-on savoir si Dieu a créé la vie et l'univers ? Certains athées utilisent la théorie de l'évolution pour dire que Dieu n'existe pas. Selon eux, tout serait dû au hasard. La vie n'a pas de but, ni de sens. Mais le débat création/évolution est un débat faussé, car en fait, il n'y a pas de conflit entre la science et la foi. Elles ont chacune des sujets et des buts très différents. (voir : "Création / Evolution : Les origines du monde, de l'homme, des espèces ").

La science ne peut pas prouver la non-existence de Dieu, car Dieu n'est pas matériel : il ne peut pas être l'objet des études scientifiques. La science ne peut pas non plus répondre à la question "pourquoi" : pourquoi la vie, pourquoi la mort, pourquoi les lois de la nature ? Mais nous ne pouvons pas non plus prouver Dieu. Tout simplement parce que, comme dit l'adage latin : "finitum non capax infiniti" (« ce qui est limité ne peut embrasser l'infini »). Une fourmi peut-elle saisir la profondeur d'un cerveau humain ? Si l'homme pouvait apporter la preuve que Dieu est ou n'est pas vivant, alors ce dieu ne serait pas plus grand que l'esprit qui en a fait la démonstration.

Par conséquent, nous ne pouvons dire que Dieu existe, que par révélation, Sa révélation. Il faut en effet que Dieu se manifeste à nous, que sa présence soit perceptible à nos sens, pour que nous puissions savoir qu'il est, et ne pas seulement en avoir l'intuition. L'a-t-il fait ? Examinons pour cela les arguments avancés dans ce sens...


Arguments en faveur de l'existence de Dieu
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Deux choses amènent généralement l'homme à avoir la révélation que Dieu est à l'origine du monde :

La vie et l'univers : mystères inexpliqués


Comment expliquer et même définir la vie ? Qu'est-ce qui anime d'un "souffle" de petites cellules, pour en faire, ici une plante qui germe en plein désert, simplement au contact d'une goutte de pluie, là un bébé, petit être merveilleusement complexe, avec sa riche personnalité, doué d'intelligence et de conscience ?

D'où vient cette « essence » inconnue qui fait la différence entre un minéral et un organisme qui se reproduit ? Où part "la vie" quand, à l'instant elle habitait encore une personne et l'instant d'après a définitivement quitté son corps ? La vie est donnée ; nous ne pouvons la créer. La vie est un don. Nous sommes bien obligés de le constater. Qui dit don, dit donnée par quelqu'un, non ?

N'est-ce pas curieux que tous les acides aminés (AA) du monde vivant n'existent seulement que sous une des deux formes géométriques possibles chimiquement ? En effet, tous les êtres vivants contiennent exclusivement des molécules d'AA de type L (lévogyre) alors que normalement il devrait exister les deux types possibles de molécules, en proportion égale : L et D (dextrogyre). La science n'arrive pas à expliquer cela. Le calcul statistique est formel : des synthèses qui auraient été gouvernées par le seul hasard ne peuvent en être la cause. C'est comme si c'était voulu.

L'ADN est un langage codé extraordinaire de complexité et d'ingéniosité. Et de plus en plus nous sommes en train de découvrir que le reste de la cellule est lui aussi porteur d'un langage. Rendons-nous compte : il y a un langage qui préside au fonctionnement des organismes, nous y compris ! C'est comme découvrir une montre sur une plage ; elle est si complexe, si finement régulée, si prévue pour donner l'heure, que la logique pure veut qu'on y voit une intelligence derrière, une pensée conceptrice, non le résultat de l'action des vents et des marées...

Il y a aussi les planètes et autres astéroïdes du système solaire qui présentent l'exacte combinaison de facteurs (positions, tailles, interactions entre elles...) qui permet à la vie sur terre de naître et de se maintenir (par exemple, Jupiter, par sa taille, nous empêche de recevoir toutes les météorites de l'espace). La moindre perturbation de cette belle mécanique serait catastrophique pour nous.

Tout obéit à des lois : la biologie, la physique, la chimie, même la sociologie et la psychologie humaines. D'où viennent ces règles ? Qui dit loi, dit qu'elles ont été conçues et établies par une autorité souveraine qui a la capacité de les faire respecter. Une loi ne se fait pas toute seule. Cela pose question...

Tout, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, est si complexe, si précisément conçu, si finement régulé, si bien adapté à un but particulier, et maintenu dans un équilibre si délicat et si beau, qu'un dessein intelligent apparaît clairement aux yeux de tout individu qui contemple et examine le monde.

Un tel ordre si compliqué à obtenir et si difficile à maintenir peut-il se concevoir par le seul fait du hasard ? La Bible nous dit que la nature porte la signature du Dieu unique, créateur du monde et de la vie. Tous les éléments cités plus haut constituent pour la plupart des êtres humains la marque évidente de Son génie et de Son pouvoir : « les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'½il nu depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages » (Lettre de l'apôtre Paul aux Romains ch. 1 verset 20).

Dire que Dieu est Créateur ne veut pas dire que les croyants cachent derrière Lui tout ce qu'on ne peut expliquer. "Se servir de Dieu pour tenter d'expliquer ce que la science ne comprend pas encore serait le rabaisser à la situation pitoyable de "dieu bouche-trou""(Jean Humbert). Cela voudrait dire aussi que les scientifiques chrétiens mettraient leur raison de côté pour certains aspects des origines, ce qui n'est pas le cas. Comme leurs confrères évolutionnistes, ils s'attachent à découvrir les lois et les mécanismes de la nature. Ils répondent simplement différemment à la question à laquelle la science ne peut répondre :"Qui est à l'origine du vivant, le hasard ou Dieu ?" Se prononcer dans un sens ou dans un autre est en réalité un choix philosophique, et non un argumentaire scientifique.(voir : "création/évolution : faut-il choisir entre la science et Dieu ? ")


D'où viennent les valeurs universelles de Justice et de Vérité ?

L'homme a en lui une conscience (si faible soit-elle) : c'est-à-dire la notion de la justice, du bien et du mal, celle que les bons doivent être récompensés et les méchants punis. Notion toute relative que cela, certes ; le bien et le mal ne sont pas perçus de façon identique par tous. Mais ces concepts existent.

D'où nous vient cette pensée qu'on doit s'attacher au bien et rejeter le mal ? Ce sont des valeurs qui, comme la Vérité, dépassent l'homme. Toute société a besoin d'un cadre et d'une justice pour fonctionner. Comment se fait-il qu'il existe des normes universelles et intemporelles, pouvant s'appliquer à tous les hommes, de toutes les époques ? Les abeilles ont-elles inventé d'elles-mêmes leurs règles de vie ? Ces dernières ne sont-elles pas plutôt inscrites en elles sans qu'elles en soient responsables ? Se pourrait-il qu'un être conscient et juste, qui aurait établi les lois de la nature, ait aussi conçu les lois morales ?

D'où vient à l'homme la pensée d'une sanction liée aux mauvaises actions, si ce n'est d'un Dieu éternel qui va évaluer nos actions et nos pensées, après notre mort ? Les paléontologues et les anthropologues nous apprennent que la pensée de l'éternité est le propre de l'homme et qu'elle le caractérise, dès son apparition. Or justement, un texte de la Bible vieux de près de 3000 ans nous dit : "Il (Dieu) a mis dans leur coeur (les hommes) la pensée de l'éternité" (livre de l'Eccclésiaste, ch.3 v.11).

Un esprit honnête est obligé de considérer que ces faits sont troublants. Ils sont à même d'interpeller n'importe qui. Ils sont à la portée de tout être humain, quelles que soient son instruction, sa condition sociale et l'époque à laquelle il a vécu. À défaut de preuve, ils constituent un faisceau d'arguments suffisamment forts que, plus qu'une croyance, une réelle conviction en la réalité d'un Dieu, est possible.

Manifestations directes de Dieu aux hommes
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Plus qu'une signature de Dieu dans la nature ou dans notre conscience, il existe un autre moyen par lequel Dieu peut se révéler à nous : c'est lorsqu'il se manifeste en nous parlant.

Dieu parle. De l'origine des hommes jusqu'aux premiers siècles chrétiens, la Bible relate des histoires humaines, toutes particulières car marquées et transformées par cette relation d'intimité entre un Dieu infini et des hommes : Abraham, Jacob, Moïse, David, les prophètes, les apôtres, pour ne citer que les plus connus.

Tous avaient un point commun : ils ne croyaient pas seulement en l'existence de Dieu, ils l'avaient rencontré personnellement. « Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon ½il t'a vu » écrit Job. Il est dit de Moïse : « l'Eternel parlait avec lui face à face comme un homme parle à son ami » (Livre de l'Exode ch.33 v.11). Au Sinaï, c'est le peuple Hébreu tout entier (plus d'un million de personnes) qui entend Dieu.
De –1450 à –400 avant J.C., les Juifs ont bénéficié de révélations directes et très précises, au travers de prophètes, c'est-à-dire (littéralement) de « porte-parole » de Dieu. Ceux-ci recevaient un message et l'annonçaient au peuple : « la Parole de l'Eternel me fut adressée en ces mots :...tu iras vers tous ceux auprès de qui je t'enverrai et tu diras tout ce que je t'ordonnerai » (Livre du prophète Jérémie ch.1 v.4,7). Toutes leurs révélations étaient très précises. Esaïe, par exemple, annonce que ce sera un roi du nom de Cyrus qui permettra le retour de l'exil des Juifs en Israël, 200 ans avant les événements !

Dans toutes ses paroles Dieu se révèle : il aime profondément les hommes et veut entrer en relation avec eux. Il dit qu'il veut prendre soin de chacun(e) de nous et nous guider : « Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et une espérance » (Jérémie ch.29 v.11).

Ces révélations ont été consignées par écrit et conservées avec un soin extrême à travers les siècles, de telle façon que nous ne pouvons douter de leur authenticité. Il faut lire ces récits soi-même et demander à Dieu de se révéler, pour s'en faire une conviction. (lire à ce sujet : les prophéties annonçant la venue de Jésus-Christ ).

Mais si Dieu s'est manifesté aux hommes à travers la parole orale et la parole écrite, il a fait mieux encore. Au début de notre ère, il s'est incarné en Jésus-Christ :



Jésus : Dieu venu à nous ?
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Un dénommé Philippe demanda à Jésus : "Seigneur, montre nous le Père". D'autres auraient répondu : "fais comme moi, demande une révélation à Dieu". Mais savez-vous ce qu'a dit Jésus ? "Celui qui m'a vu a vu le Père" (Evangile de Jean ch.14 v. 9). Jésus est unique dans l'histoire du monde, "car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité" (Epître aux Colossiens ch.2 v.9).

Dieu, inaccessible à l'être humain, s'est pourtant rendu proche de nous, se faisant comme nous, afin que nous sachions qu'il existe et qui il est. Jésus a manifesté combien il est un Dieu Amour : guérissant tous ceux qui venaient à lui, donnant de sa personne sans compter, sans demander en retour, malgré les ingratitudes des gens. Il allait vers tous ceux que nous excluons par notre méchanceté, notre avarice : les parias, les "impurs", les lépreux, les pauvres, les "filles de rien"...

Il a manifesté combien il est au dessus des lois physiques, contrôlant les tempêtes, dominant la gravité, créant même de nouveaux organismes ou de nouveaux objets. Qui pourrait prétendre à cela ?

Il a montré qu'il a la Vie en lui-même, qu'il est la source de la vie qui nous anime tous, en ressuscitant plusieurs personnes. Lazare, un homme de Béthanie (petit village près de Jérusalem), était mort depuis longtemps, ayant été mis dans un tombeau par ses proches, quand Jésus arriva. Le mort sentait déjà ; la décomposition avait commencé. Pourtant, sur un ordre du Christ, Lazare sortit vivant et en bonne santé de sa tombe !

Enfin, Jésus a manifesté par sa vie et son attitude vis-à-vis des hommes combien Dieu est pur (sans péché), alors que nous avons en chacun de nous la capacité de faire le mal. Jésus renvoyait ceux qui voulaient condamner leurs proches à leurs propres péchés, leur montrant par là qu'eux-mêmes devraient se condamner. Ceux qui au contraire avaient une vie dissolue, Jésus les invitaient à changer de vie, en croyant en lui, pour recevoir son pardon et sa force pour se détourner de leurs péchés.

En Jésus-Christ, Dieu met le comble à sa révélation : il vient lui-même en chair et en os, parler aux hommes. Cette fois, tous les sens humains pouvaient l'appréhender. En Jésus, la révélation de Dieu est totale et achevée. Nous ne pouvons en attendre de meilleure ou de plus complète, puisqu'il est Dieu lui-même. Et il a prouvé qu'il était Dieu en ressuscitant lui-même des morts : Jésus est vivant aujourd'hui. Il continue à parler à ceux qui l'accueillent dans leur vie (lire à ce sujet le témoignage : "Dieu m'a parlé.")



Nous avons notre part à jouer dans cette rencontre avec Dieu
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Certains croyants ont une foi inébranlable. Dans l'histoire et encore maintenant, plusieurs ont été torturés, mis à mort, mais n'ont pourtant pas changé d'opinion. Comment peuvent-ils avoir une telle assurance de la présence de Dieu ? Tout simplement parce que Dieu est bien vivant. Il est un être qu'on ne peut voir, mais qui s'est pourtant manifesté physiquement en Jésus. Son coeur bat pour chacun(e) d'entre nous. A ceux qui se tournent vers lui, qui lui demandent de se révéler à eux, il se fait connaître, il parle. Alors, le doute n'est plus possible.
« Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi » dit Jésus (Livre de l'Apocalypse 3 :20).

# Posté le jeudi 31 janvier 2008 16:25

Si Dieu existe, pourquoi le mal, la souffrance ?

Si Dieu existe, pourquoi le mal, la souffrance ?
La souffrance frappe tout le monde, sans exception, n'importe quand, n'importe où. A t-elle un sens ? Dieu est-il vraiment tout puissant, bon et juste ?...


La plupart du temps, nous courons après des distractions diverses pour échapper aux heurts de la vie, ou nous nous réfugions dans le travail. Surtout, nous cherchons à ne pas penser. Comme si le fait même de penser à notre vie, à celle des autres, faisait mal. C'est qu'effectivement, à des degrés divers, nul n'échappe à la souffrance...


Pourquoi moi ?

Lorsque nous vivons un drame, une pensée nous vient parfois à l'esprit : "pourquoi moi ?". Nous avons un sentiment d'injustice. Dans un magazine, quelqu'un posait un jour une autre question : quand j'entends parler d'une souffrance quelconque dans le monde, pourquoi est-ce que je ne me dis jamais "pourquoi pas moi ?".

Autrement dit, puisque la souffrance affecte tous les êtres humains, puisqu'elle existe depuis la nuit des temps, puisque ni le progrès, ni la science, ni aucun système politique ou social ne l'ont jamais éradiquée, pourquoi s'étonner que cela nous arrive aussi à nous individuellement ? Pourquoi ne pas plutôt s'estimer heureux quand notre souffrance semble dérisoire par rapport à ce que certains endurent dans d'autres coins du globe ?

Cela fait effectivement réfléchir... De fait, beaucoup de personnes trouvent dans ce raisonnement le secret de leur bonheur. Satisfaits et positifs, ils prennent la vie du bon côté. Nous connaissons tous l'affliction, mais chacun a aussi sa part de bonheur dans la vie. Considérons que les choses pourraient être pires. Dans beaucoup de situations , cela devrait être notre attitude. Nous serions moins râleurs et plus aimables...

Mais cette réflexion est une bien piètre consolation quand nous souffrons profondément. Si nous nous posons instinctivement la question "pourquoi moi ?", c'est parce que nous avons tous en nous cette pensée: la souffrance est une erreur ! Elle ne devrait pas exister ! Le mal est une anomalie. Si encore nous étions "punis" lorsque nous faisons le mal, cela serait juste. Mais non. La souffrance est aveugle et apparemment arbitraire : même si nous faisons le bien, cela ne nous met pas à l'abri d'elle. Elle n'a apparemment pas de cause, et c'est ça qui en fait le drame. Pas de cause, donc pas de remède, pas d'échappatoire !


La souffrance peut-elle être expliquée ?

La souffrance a t-elle un sens ? Nous avons tous - et c'est normal - le désir d'interpréter, d'expliciter les choses, c'est-à-dire d'établir des relations causales, des liens, afin de donner un sens aux événements. Les situations deviennent ainsi moins illogiques ; elles entrent dans un tissu de continuité. La souffrance, elle, est vécue comme absurde, comme une rupture, une incohérence dans la logique de notre conception du monde. Dans son essence nous la percevons comme injuste.

Dans une certaine mesure, quand la souffrance est l'indicateur d'une anomalie modifiable, nous avons tout à gagner à en chercher la cause, afin de la traiter. Le fatalisme, qui consiste à accepter toute situation difficile sans rien dire, est de l'auto-annihilation. La souffrance n'a rien de bon en elle-même. Elle n'a pas de vertu curative ou punitive. (Heureusement, dans le domaine médical, la situation est en train de changer par rapport à cela Il existe aujourd'hui une médication analgésique adéquate et efficace).

Toutefois, s'il est juste de se poser un minimum de questions, nous ne pouvons pas chercher des raisons à toutes les souffrances, sous peine de risquer de tomber dans le négationnisme ou de tenir des propos inacceptables. Ainsi, vouloir expliquer la douleur immense de l'holocauste, de la torture, d'une catastrophe climatique ou tellurique, risque de nous faire penser et dire n'importe quoi. Nous risquons d'avoir des propos vexatoires, humiliants, injustes ou discriminatoires.

De plus, la douleur n'a plus de raison d'être entendue ni exprimée si elle est trop expliquée, trop rationalisée. Elle deviendrait alors partie intégrante des choses normales de la vie, au lieu d'être un indicateur d'anomalie. Ce n'est pas parce que je sais que j'ai un cancer incurable que je dois trouver ma douleur "acceptable" et que je n'ai plus besoin de l'exprimer.


Comment faire face à la souffrance ?


Il est possible de dépasser sa souffrance. Cela ne diminuera pas son intensité, mais de notre attitude face à elle pourront venir notre "délivrance" et notre croissance intérieure. Mal y répondre aura l'effet inverse : affaiblissement de notre être et amoindrissement de la beauté de notre caractère. Non pas que la souffrance soit une vertu en elle-même. Une telle conception cache un certain masochisme mystique. Mais nous pouvons choisir de bien réagir par rapport à la douleur, afin de grandir, de connaître, d'apprendre, de progresser. Du mal peut sortir le bien.

Comment ? Premièrement en prenant le temps de réfléchir et d'analyser ce qui se passe en nous. Être conscient de moi, de ce qui se joue en moi, de mes peurs, de mes frustrations : et si la souffrance était propice à une intériorité salutaire, si derrière les ténèbres perçait une lumière ?




Quelques fois, d'heureux changements de vie sont déclenchés par une épreuve terrible : comme pour ce jeune maghrébin d'un quartier difficile, emmuré dans sa délinquance, inconscient de sa situation, incapable de penser à se sortir de là. Maintenant, c'est un musicien doué, impliqué dans des groupes de la ville et dans une radio. Il a un métier qui le passionne, un avenir ouvert devant lui. Comment a-t-il opéré la métamorphose ? "Grâce", dit-il, "à l'accident" qui lui est arrivé. Il est en effet devenu aveugle, suite à une explosion qu'il avait provoquée. Il aurait pu s'enfoncer encore plus dans les ténèbres. Il en a fait un tremplin pour changer de vie. Bel exemple ! Beau courage !

Les évènements tragiques nous remettent en question, ébranlent nos idées reçues, disloquent les illusions ou les croyances erronées sur lesquelles reposent parfois nos vies. Et si une partie de mon mal était en vérité une atteinte à mon orgueil, à mon égoïsme ? Pour celui ou celle qui ose regarder la réalité en face et se remettre en question, le "déshonneur" peut devenir une chance. Quel épanouissement ce sera alors ! Quel bienfait pour lui (ou elle) et pour son entourage ! Ainsi, des menaces (et seulement des menaces) de divorce obligent-elles bon nombre de maris à revoir sérieusement leur comportement vis-à-vis de leurs proches. Pour celui qui souffre mais qui sait ouvrir les yeux sur lui-même, c'est un nouveau départ dans la vie, qui peut suivre.

Enfin, parler de sa plaie à quelqu'un d'autre est également nécessaire : lire, écouter, rechercher les conseils sages, dans une volonté d'échange et de partage. Dans la douleur, les gens se rapprochent les uns des autres. C'est une des conséquences bienheureuses de la souffrance. Celle-ci nous renvoie à notre humanité fragile et vulnérable. Nous (re)découvrons que nous avons besoin les uns des autres.

Nous comprenons mieux celui-là qui nous énervait auparavant, quand nous savons et expérimentons ce par quoi il est passé. Nous écoutons mieux celle-là qui souffre, parce que nous avons ressenti combien la seule écoute compréhensive était précieuse dans l'épreuve. Nous devenons plus humain, c'est-à-dire plus transparent, moins arrogant, plus abordable. Des masques tombent ; notre personnalité s'enrichit de compassion, c'est-à-dire d'un nouveau regard sur les autres, d'un nouveau désir d'aller vers l'autre. Notre égoïsme premier s'efface. La souffrance nous amène des amis. Et si c'était l'occasion d'apprendre un nouveau style de vie ? Pourquoi ne vivre cette proximité, ces relations retrouvées, qu'au travers de situations déplaisantes ?

La souffrance nous interpelle sur notre humanité : nous sommes faillibles, en fin de compte et l'existence est bien vite passée. Pour quoi, pour qui ? La souffrance est aussi peut-être l'occasion d'une rencontre de l'Autre...
Où est Dieu dans la souffrance ?

Que nous soyons croyants ou non, la question de l'existence de Dieu surgit en nous lorsque nous pensons au mal. Pourquoi ? Si nous disons ne pas croire en Dieu, pourquoi nous interroger de la sorte ? Et si nous disons croire en Dieu, quelle réponse y donnons-nous ?

La Bible parle de notre vécu, ne le conteste pas, mais bien plutôt l'authentifie. Des grandes figures du passé ont souffert et exprimé leurs maux, leurs questions à Dieu - ce qui nous est rapporté dans la Bible. La foi chrétienne refuse l'illusion et les doctrines qui nous séparent de la réalité de la vie (la douleur n'est pas une abstraction de la pensée ou ne peut pas "s'anihiler" par la pensée). Jésus souffre et ne dit pas que ce n'est rien ; il voit les gens mourir et il pleure.

Le christianisme ne fait pas non plus de masochisme et s'oppose au concept de "punition" derrière les événements (voir par exemple : Evangile de Luc ch. 13). Dieu ne prend pas plaisir à nous voir souffrir. Nous ne prouvons rien à travers la douleur, ni ne gagnons rien, contrairement à l'idée que certains mystiques ont véhiculée. Comment "expliquer" que Jésus ait dû souffrir de la faim, de la soif, de la fatigue, soit trahi, torturé, mis à mort, lui un homme parfait sur le plan moral et qui ne faisait qu'honorer Dieu ?

Certains maux, nous dit la Bible, sont malheureusement les conséquences directes de nos actes. "Celui qui sème l'injustice récolte l'injustice" (Proverbes 22:8). Ainsi, une mauvaise gestion économique, le mépris des ressources terrestres, des choix politiques ou sociaux malheureux sont lourds de conséquence. À nous la faute. Dieu ne peut pas en être reconnu coupable. Nous avons été créés libres, ce qui veut dire - par la même occasion - libres d'expérimenter le mal que nous faisons. Il y a injustice sur terre, mais parce que l'humanité n'est pas faite d'entités indépendantes les unes des autres.



Peut-être devrions-nous plus réfléchir à la présence du mal en nous et l'admettre enfin, au lieu de la nier ou de l'ignorer. Ce n'est qu'en prenant le taureau par les cornes que l'on gère les situations graves et que l'on prévient les catastrophes. À trop se voiler la face, il faut attendre qu'un drame survienne et (bien souvent) seulement alors nous agissons ! À nous donc de tirer les leçons de la vie et d'apprendre à être plus sages et moins égoïstes.

Cependant, d'autres tragédies restent inexplicables : les maladies (qui emportent parfois des bébés), les désastres climatiques ou terrestres (famine, tempêtes, tremblements de terre...). Pourquoi cela a-t-il lieu ?

« Il y aura de grands tremblements de terre en divers lieux, des famines et des pestes [ épidémies et pandémies ] ; et il y aura des sujets [ ou phénomènes ] effrayants [ très inquiétants ] et de grands signes du ciel » (Luc 21 : 11).

“Sache que, dans les derniers jours,il y aura des temps difficiles. 1-Car les hommes seront égoïstes, 2-amis de l'argent,fanfarons,hautains, 3-blasphémateurs,rebelles à leurs parents, 4-ingrats,irréligieux,insensibles, 5-déloyaux,calomniateurs,intempérants, 6-cruels,ennemis des gens de bien, 7-traîtres, emportés, enflés d'orgueil, 8-aimant le plaisir plus que Dieu, 9-ayant l'apparence de la piété, 10-mais reniant ce qui en fait la force.Éloigne-toi de ces hommes-là.“2 TIMOTHEE 3:1-5


La Bible reste silencieuse sur ce sujet. Dieu ne nous en révèle pas l'explication.

Pourquoi ? Parce que Dieu, dans sa souveraineté, a fixé là la limite entre notre savoir. En effet, vouloir donner un pourquoi à la souffrance, au mal, c'est être finalement comme Dieu, connaître toute chose. Si je pouvais expliquer la souffrance, je pourrais aussi m'expliquer Dieu. Cela signifierait que Dieu est à ma mesure. Je contrôlerais tout moi-même. Mais le propre de l'être humain est d'être fini, fragile et limité. D'ailleurs je ne peux me comprendre moi-même totalement.

Cependant, Dieu n'est pas indifférent à ce qui m'arrive. Sur la croix, Jésus s'identifie pleinement à ma condition. C'est même au sein de cette condition qu'il se révèle à moi. Alors, dans la mesure où j'accepte l'incompréhension, je peux entendre la compassion réelle de Jésus et la solution qu'il me propose.

Car Dieu a une réponse à notre souffrance. Mais elle ne se pose pas en termes explicatifs et rationnels. La réponse divine à la souffrance, c'est une compassion et une consolation véritable, qui proviennent d'une identification et d'une espérance qui deviendront réalité. Dieu me comprend, m'écoute, a de l'empathie pour moi. Il sait ce que j'endure, connaît la profondeur de ma douleur, parce qu'il l'a expérimentée lui-même. Car ce Dieu si infini s'est un jour fait homme, avec toutes les limites et les faiblesses que cela comporte.

Pour s'identifier à nous et comprendre pleinement notre souffrance, en Jésus-Christ, il a choisi, de vivre pleinement notre tragédie. Il ne nous dévoile pas l'origine du mal, mais s'offre lui-même comme réponse à ce problème. En mourant sur la croix, Dieu a fait retomber sur lui tout le mal de la terre, de tous les temps : "Ce sont nos souffrances qu'il a portées ; c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé... Il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités... Il s'est livré lui-même à la mort parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes et qu'il a intercédé pour les coupables" (Li-vre du prophète Esaïe, ch. 53).

Ainsi, je peux connaître Dieu à travers ma souffrance et mes besoins, à condition que je les lui exprime. C'est aussi là (mais pas seulement) qu'il se révèle. La souffrance pleinement reconnue donne place à l'autre et à l'Autre. Dès lors j'entends à sa juste valeur les phrases de Jésus : "bien-heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés" (Evangile de Matthieu 5:4). Ceux qui acceptent de pleurer, de dire leur incompréhension et leur révolte face au mal, et de le dire à Dieu en désirant sa présence, peuvent découvrir Sa consolation. C'est l'expérience de Job, le géant de la foi (livre de Job, Ancien Testament). Mais ceux qui ne pleurent pas, qui résistent à Dieu, qui veulent tout expliquer, ne connaissent pas cette consolation.

Dieu nous promet qu'il y aura, après la mort, un au-delà dépourvu de souffrance, sans mal, pour ceux qui se seront confiés en lui. Le croyant qui expérimente une relation vivante avec Dieu, a au fond de lui-même une ferme assurance de ce futur enfin heureux : "Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre...Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux et la mort ne sera plus. Il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu" (Apocalypse de jean 21:1,3-4) ; "Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés" (Evangile de Jean 5:6).

Ce récit idyllique peut paraître utopique. Pourtant, Dieu donne la certitude de sa réalité à tous ceux qui lui confient leur vie, au point que Paul disait : "nous marchons par la foi et non par la vue, mais nous sommes plein de confiance et nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur" (Deuxième épîtres de Paul aux Corinthiens 5:7-8). Cette assurance est, pour quiconque passe par des moments difficiles, un grand réconfort qui aide à traverser l'épreuve et à en sortir grandi. L'espoir fait vivre, dit-on. Dieu donne à ceux qui viennent à lui plus qu'un espoir : une conviction qui apporte une joie et une paix profonde au sein de la tempête.

# Posté le jeudi 31 janvier 2008 16:31

Modifié le samedi 02 février 2008 08:45

Jules Verne et Dieu : le code caché des livres de Jules Verne

Jules Verne et Dieu : le code caché des livres de Jules Verne
Tout le monde connaît celui qu'on nomme le précurseur de la science-fiction, l'homme de génie visionnaire qu'est Jules Verne. Peu connaissent sa foi, véritable, elle aussi étonnement visionnaire et cachée dans ses livres ...


Jules Verne : le visionnaire des progrès scientifiques

"Mon but a été de dépeindre la Terre, et pas seulement la Terre, mais l'univers, car j'ai quelquefois transporté mes lecteurs loin de la Terre dans mes romans." Cette citation résume bien l'½uvre titanesque et originale (près de 80 romans et longues nouvelles !) de l'auteur français le plus lu au monde encore aujourd'hui : Jules Verne. Le grand mérite de Verne sera donc d'abord de faire voyager son lecteur.

Mais, si les périples vers le grand large et les expéditions exotiques fournissent le cadre de l'action, c'est bien la science au service de l'inexploré qui constituera la clé de ces Voyages extraordinaires dans les mondes connus et inconnus, une collection dans laquelle Jules Verne ne cessera d'exposer les hypothèses formulées à son époque sur la constitution du globe, les ères géologiques, les animaux préhistoriques, etc...

En somme, notre auteur édifiera de véritables épopées avec pour héros des géographes, des botanistes, des physiciens, des astronomes et autres ingénieurs en tout genre. Sous sa plume, l'homme de science deviendra le magicien suprême, l'envahisseur de l'impossible, le dominateur de la nature hostile et de la matière rebelle. D'où l'hallucinante profusion d'extravagances à la limite entre la science-fiction et le fantastique, telles que l'Antarctique devenant habitable, les déserts se transformant en jardins, les récoltes subissant des radiations bienfaisantes afin de croître démesurément, la météorologie obéissant à l'homme, bref, toutes les facettes d'un paradis terrestre élaboré à partir de la seule science, la science toute-puissante, la science-providence, la science portée au pinacle, magnifiée, déifiée, à qui l'on peut tout demander, et que l'homme doit servir sans restriction pour espérer qu'elle le serve en retour.

Cette confiance aveugle dans la science, laquelle peut faire sourire, aujourd'hui où l'on en touche tellement les limites et les effets pervers, est néanmoins à remettre dans le contexte de l'époque où écrivait Jules Verne. Le XIXème siècle fut fortement impressionné par toute une famille de pensée dont nous pouvons ainsi résumer les grands traits :

L'idéologie sous-jacente de l'époque de Jules Verne

Dès le début du siècle, Auguste Comte fonda le Positivisme, un système philosophique qui, niant catégoriquement que l'intelligence de l'homme puisse être illuminée par Dieu, ne voulut plus voir à la connaissance qu'un unique fondement, à savoir l'observation des faits "positifs", dans le cadre de l'expérience, et ce dans n'importe quelle discipline.

Charles Darwin fut l'illustration de cette thèse dans le domaine naturaliste, lui qui alla chercher jusqu'aux îles Galápagos de quoi tenter de prouver sa théorie évolutionniste, et qui se servit de la matière de ses expéditions pour publier son célèbre ouvrage: De l'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, en 1859.

Un biologiste allemand, Ernst Haeckel, comprit vite l'utilisation idéologique que l'on pouvait faire du darwinisme, à savoir attribuer aux forces de la nature l'origine des espèces vivantes, afin de n'avoir plus à percevoir dans leur création l'½uvre finalisée d'une intelligence supérieure. Une divinisation de la matière, ni plus ni moins... Haeckel alla même, en 1866, jusqu'à proposer de supprimer le christianisme au profit du monisme, une religion matérialiste et athée, héritée précisément d'Auguste Comte, pour qui l'humanité obscurantiste devait évoluer de son état religieux, jugé primaire, vers un âge résolument scientifique, moderne et rationnel. L'ère de Dame Science et de la déesse Raison, en quelque sorte.

L'idéologie comtienne eut également des prolongements en anthropologie, avec la thèse d'Edward Tylor, parue en 1865. Selon lui, la religion en général, loin d'avoir des causes surnaturelles, aurait eu des origines évolutives naturelles, à commencer par le cerveau de quelque sauvage des temps anciens qui n'aurait pu concevoir que des croyances primitives; après quoi l'antiquité gréco-romaine aurait accouché du panthéisme, suivi du christianisme triomphant à l'époque de l'obscurantisme médiéval. Autrement dit, à chaque degré de civilisation sa religion plus ou moins évoluée, avec au sommet l'homme moderne, éclairé par le flambeau combiné de la raison et de la science, et qui serait enfin parvenu au stade mature où il pourrait rayer de son esprit les fadaises chimériques des esprits simples, tout en fournissant une explication plus sérieuse et sensée des phénomènes naturels.

Jules Verne : la science supérieure à la religion ?

Ce fut dans ce contexte évolutionniste à vocation athéiste que Jules Verne conçut ses romans. Les aventures de trois Russes et de trois Anglais représente l'exemple-type de l'humanisme scientifique d'alors. Malgré la guerre qui sévit entre leurs deux pays, ces six savants parviendront à dépasser leurs rivalités nationales pour s'unir et réaliser une ½uvre d'utilité publique : la topographie de l'Afrique du Sud. Émouvante illustration !

Force est d'admettre que l'on sent nettement l'empreinte de Darwin et consorts dans les écrits verniens de cette époque, comme l'a démontré Lionel Dupuy dans son étude consacrée à Vingt mille lieues sous les mers (*). On trouve dans cette ½uvre des réflexions à rallonge sur l'origine et l'évolution des espèces, au risque d'alourdir l'ensemble. Une influence qui irait, si toutefois l'on en croit certains biographes, jusqu'à la contestation de certains présupposés religieux, laquelle serait perceptible, paraît-il, au détour de certains paragraphes. (*) Lionel Dupuy, Une métaphore écologique: Vingt mille lieues sous les mers, Ed. La Clef d'argent.

C'est ainsi que Lionel Dupuy n'hésite pas à relever, à la page 202 de Vingt mille lieues sous les mers, un passage qu'il qualifie "d'évocateur", au sujet de la formation des atolls et des échelles de temps. Ici, Aronnax répond à une question de son domestique sur l'accroissement des barrières de corail : « Donc, pour élever ces murailles, me dit-il, il a fallu ?... – Cent quatre-vingt-douze mille an, mon brave Conseil, ce qui allonge singulièrement les jours bibliques. D'ailleurs, la formation de la houille, c'est-à-dire la minéralisation des forêts enlisées par les déluges, a exigé un temps beaucoup plus considérable » (*). Et Dupuy d'en déduire: 1) que la Bible, avec ses six jours de la création, n'expliquerait pas correctement l'origine de la vie sur terre, et qu'il faudrait remonter bien en arrière pour dater ce type de formations 2) que par conséquent, ce passage, témoignant chez Verne d'un doute issu de la perturbation darwinienne, irait jusqu'à relativiser les propos bibliques, voire les contredire. (*) Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, Hachette, coll. Le livre de poche, 1995 (1ère éd:1870).

Et c'est bien là où le bât blesse : car en effet, lorsqu'on étudie les biographies rédigées par ceux qui s'estiment être les spécialistes en la matière, on s'aperçoit que nombre d'entre eux n'ont cherché à voir en cet auteur que le chantre de la science, le paladin de la technologie triomphante et de l'évolutionnisme montant, le héraut de la connaissance omnipotente permettant à l'homme de dominer une nature hostile tout en la transformant pour son bien-être. Cette représentation de l'auteur des Voyages extraordinaires est devenue si commune qu'elle tend aujourd'hui au stéréotype. À l'évidence, il existe une volonté sous-jacente de faire de lui une icône de la révolution industrielle et idéologique du XIXème siècle, lequel est d'ailleurs souvent désigné sous le nom de "siècle de Jules Verne". Rien moins... Certains biographes n'ont pas même hésité à affirmer que le credo scientifique de cet écrivain aurait peu à peu pris le dessus sur sa foi chrétienne.

Le visionnaire des limites et des problèmes de la science




Une analyse approfondie permet de faire voler en éclats tous ces préjugés. À commencer par la prétendue critique de la religion : reprenons le passage cité plus haut de Vingt mille lieues sous les mers, où Verne semble contester que le monde se soit fait en six jours, si l'on interprète littéralement le récit de la création tiré du livre de la Genèse. Un récit que beaucoup ont décrié depuis, en le qualifiant de mythe. Ils prouvent par là leur méconnaissance de la Bible et de son langage originel.

Car le mot hébreu "Yom", même s'il est traduit par "jour" dans les versions en français, désigne en fait une phase temporelle imprécise, une période qui peut très bien contenir des millions d'années. Quoi d'étonnant à cela ? N'avons-nous pas, en français aussi, des expressions du genre "à l'aube des temps" ? En tout cas, "Yom", ici, ne désigne pas des journées de 24 heures. Un autre livre de la Bible, l'épître aux Hébreux (du chap.3, v.16, au chap.4, v.11) montre que le 7ème jour (le 7ème "Yom") n'est pas autre chose qu'une ère temporelle qui englobe notamment l'histoire du peuple d'Israël depuis l'antiquité. Il est donc logique d'étendre cette signification aux six premiers "Yom", et d'y voir des phases comparables aux périodes géologiques primaires, secondaires, etc..., bien connues des savants.

C'est ce que Jules Verne rappelle lui-même dans son roman, par la bouche du savant Aronnax: "Mais j'ajouterai que les jours de la Bible ne sont que des époques, et non l'intervalle qui s'écoule entre deux levers de soleil, car, d'après la Bible elle-même, le soleil ne date pas du premier jour de la création". C'est clair : loin de se servir du darwinisme pour contester la Bible, notre conteur scientifique prend au contraire leur défense. Et d'une façon qui démontre une connaissance approfondie de ces dernières.

En réalité, s'il est un domaine dans lequel Verne s'est senti peu à peu désabusé, ce n'est pas celui de la religion, mais bien plutôt celui de la science et des utilisations que l'homme a choisi d'en faire. Marc Soriano, spécialiste de l'auteur des Voyages extraordinaires et rédacteur de sa biographie pour le compte de l'Encyclopedia Universalis, a bien montré l'existence de deux Jules Verne : celui d'avant 1886, relativement optimiste et chantre du scientisme humaniste, et celui d'après cette date, plutôt négatif et désenchanté quant aux capacités du modernisme à assurer le bonheur de l'homme. "L'Île à hélice (1895), farce sarcastique, peint une organisation sociale modèle, élaborée par des milliardaires d'outre-Atlantique, et sa désagrégation progressive. Tirée à hue et à dia, l'île est mise en pièces et sombre dans l'océan, image d'une civilisation que ses propres contradictions entraînent à sa perte." (*) Marc Soriano, Jules Verne, Anticipation et prospective, Encyclopaedia Universalis, 2001.

Cette angoisse du syndrome de l'apprenti-sorcier, notre romancier l'exprimera encore l'année suivante, en écrivant Face au drapeau en 1896. La trame de cette histoire est entièrement centrée sur le personnage du savant fou, créateur de l'explosif absolu qui pourrait anéantir des millions d'hommes. Le problème est qu'il se met au service du mal. Son arme est tellement puissante qu'elle atomise les navires marchands livrés au pillage et les vaisseaux de guerre venus assiéger les pirates sur leur île. Dans ce roman plus que dans aucun autre, se dessine en filigrane le spectre des armes de destruction massive.

Cette lucidité de Jules Verne à propos du redoutable problème de la science sans conscience a embarrassé ceux qui voulaient donner de lui l'image d'Épinal d'un baladin de la technologie progressiste. Certains passages, même s'ils sont noyés dans un océan de sérénité, n'en constituent pas moins les prémices d'une réflexion plus mature et clairvoyante. Ainsi, dès le premier grand roman à succès, Cinq semaines en ballon (1863), on peut lire au chapitre XVI le passage suivant, combien évocateur : "- D'ailleurs, dit Kennedy, cela sera peut-être une fort ennuyeuse époque que celle où l'industrie absorbera tout à son profit ! A force d'inventer des machines, les hommes se feront dévorer par elles ! Je me suis toujours figuré que le dernier jour du monde sera celui où quelque immense chaudière chauffée à trois milliards d'atmosphères fera sauter le globe ! -Et j'ajoute, dit Joe, que les Américains n'auront pas été les derniers à travailler à la machine". Quelle faculté d'anticipation ! On croirait vraiment entendre parler de l'effet de serre ou du protocole de Kyoto, allègrement sabordé par des américains soucieux de ne pas remettre en question leurs intérêts économiques.

Ce thème de l'homme capable de modifier en profondeur sa planète, et des gouvernements incapables de maîtriser les folies dévastatrices d'une société capitaliste et dévoreuse d'énergie, reviendra dans bien d'autres ½uvres de notre auteur, telles que par exemple Sans dessus dessous (1889). Même les préoccupations écologiques sont présentes dans ses premiers romans, tels que Vingt mille lieues sous les mers, où l'on voit le capitaine Nemo expliquer à Ned Land, un chasseur-pêcheur: "En détruisant la baleine australe comme la baleine franche, êtres inoffensifs et bons, vos pareils, maître Land, commettent une action blâmable. C'est ainsi qu'ils ont déjà dépeuplé toute la baie de Baffin, et qu'ils anéantiront une classe d'animaux utiles. Laissez donc tranquilles ces malheureux cétacés... L'acharnement barbare et inconsidéré des pêcheurs fera un jour disparaître la dernière baleine de l'océan." Terrifiante prédiction parmi tant d'autres, au travers desquelles Verne aura clairement exprimé ses craintes quant à la survie des espèces en général et de l'espèce humaine en particulier, et ce malgré le progrès technique. Pire même: à cause de lui. Ce faisant, notre romancier n'aura fait que rejoindre le constat désabusé de l'apôtre Paul: "La création a été soumise à la vanité" (épître de St Paul aux Romains, chap.8, v.20).

Jules Verne : un homme de foi

Il eut été étonnant que le prophète de la science sans conscience n'ait pas cherché à identifier les causes d'une telle apocalypse, à discerner pourquoi cette technologie qui était censée nous sublimer s'est finalement retournée contre nous. La réponse qu'il en apporte, explication plutôt inattendue de sa part, se trouve dans une ½uvre peu connue du grand public, une nouvelle intitulée Maître Zacharius (1854).



C'est l'histoire d'un horloger suisse, un véritable orfèvre qui a inventé un système rendant ses montres d'une précision incomparable. Cela lui a valu jusqu'ici une renommée internationale, et notre homme d'en retirer une fierté non dissimulée. Dès le début de l'½uvre apparaît donc en filigrane la problématique classique, à savoir la suprématie technologique qui glorifie l'homme moderne et flatte sa vanité. Mais cette célébration scientifique n'aura qu'un temps, dans la réalité comme dans la fable: car en effet, par un inexplicable mystère, toutes les horloges conçues et vendues par Maître Zacharius s'arrêtent peu à peu de tourner, les unes après les autres. Ses clients, mécontents, les lui ramènent afin qu'il les leur répare, mais, chose encore plus curieuse, la panne n'est pas détectable. Ici, Jules Verne aborde un point fondamental: l'échec de la science ne lui est pas imputable en tant que telle, et ce n'est pas en elle qu'il faut en chercher la cause. Une technologie n'est pas mauvaise en soi. La réponse est ailleurs...

Mais où ? Là où l'on ne s'attendait pas à trouver notre auteur de science-fiction: dans le plus pur irrationnel. Que l'on en juge par ce qui suit: l'horloger suisse, assailli de réclamations en cascade, se ruine donc à rembourser les gens, et il en fait une véritable maladie. Surtout, plus que son patrimoine, c'est sa fierté qui en prend un coup. Dès lors, il va faire preuve d'un orgueil quasi dément en comparant ses montres à l'½uvre de Dieu et en prétendant qu'il pourra arriver à insérer dans leur boîtier inerte une âme qui les fera tourner. Déraison de la vanité humaine qui veut se croire Dieu à la place de Dieu... Mais rien n'y fait: Ses pendules lui reviennent les unes après les autres, toutes sauf une seule.

Celle-ci avait été vendue à un seigneur habitant dans un château perché dans les Alpes, et que les habitants du lieu disaient investi par des démons. Qu'à cela ne tienne: Maître Zacharius part pour cet endroit lugubre, afin de retrouver la seule montre qui avait dû résister à cette épidémie d'inertie. Arrivé au château, une étrange créature en forme de cadran, censée incarner le châtelain, incite notre horloger à blasphémer contre Dieu. Chose étrange, à chaque heure sonnée par l'horloge, une maxime provocatrice et impie apparaît, du genre: "l'homme peut devenir l'égal de Dieu"; ou bien: "il faut manger les fruits de l'arbre de la science"; ou encore: "l'homme doit être l'esclave de la science". Finalement, à Minuit, Maître Zacharius tombera raide mort en se damnant dans un dernier élan de vanité. Cette fin dramatique sera ainsi commentée par un autre personnage du récit, un vieil ermite: "L'orgueil est la pierre d'achoppement et le principe de tous les vices où se heurtent les destinées de l'homme".

Nous y voilà... Jules Verne pointe ici du doigt le talon d'Achille du genre humain: l'orgueil... L'orgueil qui a poussé l'homme à s'ériger lui-même, au travers de la science idolâtrée, en véritable dieu créateur et maître de sa destinée. Comment ne pas voir, en effet, dans cette montre animée qui incite au blasphème, l'incarnation de la technologie déifiée, érigée au rang de divinité, et dont l'homme s'est fait l'esclave en s'imaginant qu'elle allait l'élever au rang divin ? "La science a fait de nous des dieux avant que nous le soyons", disait le biologiste Jean Rostand. Traduction: nous avons aujourd'hui la puissance divine sans en avoir la sagesse, la bonté ni l'humilité. C'est là l'horrible, l'épouvantable grain de sable dans la machine bien huilée de notre société progressiste.

Le conteur rejoint ici le sociologue... Max Weber, fondateur de la sociologie allemande, a justement beaucoup écrit à propos du processus de rationalisation, enclenché par l'homme moderne. Pour Weber, rendre tout rationnel, cela signifie "croire qu'à chaque instant nous pourrions, pourvu que nous le voulions, nous prouver qu'il n'existe aucune puissance mystérieuse et imprévisible qui interfère dans le cours de la vie; bref, que nous pourrions maîtriser toute chose par la prévision et la technique"(*). Ce n'est pas autre chose que la dénégation de Dieu au profit des nouveaux dieux que la science était censée faire de nous. Ce que Weber résumera en ces termes: "Nous vivons une époque indifférente aux dieux et aux prophètes". Indifférente et vaniteuse: « Ce bateau, même Dieu ne pourra pas le couler », avait-on déclaré à propos du Titanic, juste avant son premier voyage. On connaît la suite... (*) Max Weber, Le savant et le politique, Plon, 1959.

Jules Verne fait preuve d'une étonnante lucidité, certainement nourrie de ses lectures de la Bible. Comment, en effet, ne pas faire le lien entre ce vaniteux personnage de l'horloger suisse, et le verset suivant: "L'orgueil précède le désastre. Et un esprit arrogant précède la chute" (Livre des Proverbes, chap.16, v.18). En vérité, on ne compte plus les allusions bibliques qui parsèment les romans verniens. Par contre, point de critique acerbe des Saintes Écritures chez l'auteur des Voyages extraordinaires. Point non plus de mention du genre: « la foi chrétienne est vouée à disparaître, à l'ère de la science ». Non... Bien qu'influencé par les théories d'Auguste Comte et d'Ernst Haeckel, Verne ne les a pas suivis dans leur condamnation du credo évangélique, ni dans leurs prédictions d'extinction de la religion au profit d'une grand-messe techniciste.
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# Posté le jeudi 31 janvier 2008 16:36

Jules Verne et Dieu : le code caché des livres de Jules Verne ( suite )

Jules Verne et Dieu : le code caché des livres de Jules Verne ( suite  )
De Nemo au missionnaire

Non seulement Jules Verne a établi le constat d'échec de la science à assurer le salut de l'humanité, mais il a cherché dans la foi le substitut permettant de le garantir.

Pour le découvrir, il nous faut rapprocher deux romans : tout d'abord, l'incontournable Vingt mille lieues sous les mers. Ce que l'on passe généralement sous silence, c'est que la trame de cet ouvrage est sous-tendue par un climat d'une suffocante tristesse, dont l'épisode le plus marquant reste celui de l'enterrement sous-marin de l'un des membres d'équipage du Nautilus, une scène pétrie d'un romantisme noir authentique. Cette atmosphère teintée de mélancolie exacerbée est entièrement concentrée dans un homme, protagoniste principal du roman, à savoir, bien sûr, le capitaine Nemo. De bout en bout, on sent un homme blessé, traumatisé par son passé, et qui sanglote devant les photos de proches disparus ; un homme dont la profondeur de son amertume semble n'avoir d'égale que celle des océans qu'il traverse et dans lesquels il noie son chagrin. Nemo, grand inventeur du Nautilus, figure de proue du technicisme triomphant, n'est en fait que mort et désolation.

Dans l'île Mystérieuse (1875), Jules Verne nous révèle son passé : il s'appelait autrefois le prince Dakkar, issu de la noblesse indienne."Il haïssait l'Angleterre. Cet Indien résumait en lui toutes les haines farouches du vaincu contre le vainqueur (...) En 1857, la grande révolte des Cipayes éclata. Le prince Dakkar en fut l'âme. (...) Son père, sa mère, sa femme, ses enfants payèrent pour lui avant même qu'il pût connaître les dangers qu'à cause de lui ils couraient. (...) Les Cipayes furent vaincus. (...) Le prince Dakkar, qui n'avait pu mourir, (...) seul désormais, pris d'un immense dégoût contre tout ce qui portait le nom d'homme, ayant la haine et l'horreur du monde civilisé, voulant à jamais le fuir, réalisa les débris de sa fortune, réunit une vingtaine de ses plus fidèles compagnons, et, un jour, tous disparurent, (...) dans la profondeur des mers, où nul ne pouvait le suivre. (...) Mais, peu à peu, ses compagnons moururent et allèrent reposer dans leur cimetière de corail, au fond du Pacifique. Le vide se fit dans le Nautilus, et enfin le capitaine Nemo resta seul" (chap.XVI, part.III). Quel tableau tragique !

Nemo, c'est l'incarnation d'un échec : échec de l'homme à vivre en harmonie avec ses semblables ; échec du choix de la misanthropie, laquelle ne conduit qu'à un isolement misérable ; échec de la science à résoudre ce genre de problème, comme le suggère la personnalité de Nemo, savant génial en avance sur son temps, et cependant désespéré parmi les désespérés. La technique, ici, symbolisée par le Nautilus, ne sert qu'à fuir les réalités de la société humaine, qu'à immerger les angoisses existentielles dans les profondeurs de l'âme, sans pouvoir donner aucune signification à l'absurdité de la souffrance.

À ce problème apparemment insoluble, plus actuel que jamais, quelle solution croit-on que proposa Jules Verne ? Jésus-Christ ! Rien moins.

« Mais comment, c'est impossible, rétorqueront les sceptiques : d'ailleurs, Nemo n'est-il pas en guerre contre la civilisation occidentale, et par ricochet contre son Dieu, dont les Européens se sont servis pour tuer tant de peuples dans leur esprit ?». Pourtant, dans Cinq semaines en ballon, le chapitre XXII met en scène un missionnaire français martyrisé par une peuplade sanguinaire: "Au pied d'un poteau gisait une créature humaine, un jeune homme de trente ans au plus (...), à demi-nu, maigre, ensanglanté, couvert de blessures, la tête inclinée sur la poitrine, comme le Christ en croix". La référence ne fait aucun doute. C'est bien de Jésus dont il s'agit ici, au travers d'un de ses serviteurs dont Verne précisera "qu'à sa vie d'abnégation, il voulut encore joindre la vie de danger, en entrant dans l'ordre des prêtres de la Mission, dont Saint Vincent de Paul fut le glorieux fondateur. (...) Pendant deux ans, sa religion fut repoussée, son zèle fut méconnu, ses charités furent mal prises. (...) Mais toujours il enseignait, il instruisait, il priait..." On sent dans ce passage toute l'admiration que le romancier vouait à ces messagers du Ciel, qui n'hésitaient pas à parcourir des terrae incognitae pour faire du bien à leur prochain.

Mieux, même : Verne place explicitement la mission de propagation de l'Évangile au-dessus de la vocation scientifique, ainsi que le prouve l'extrait suivant: "Comme cet homme a souffert ! dit Joe [l'un des explorateurs] avec émotion. Savez-vous qu'il faisait là des choses plus hardies que nous, en venant seul au milieu de ces peuplades !" Et notre auteur de conclure: "La science a ses héros (...), mais la religion a ses martyrs". Le martyr étant à l'héroïsme ce que le sacrifice est à l'amour, on comprend aisément lequel des deux est le plus honorable...

Le code secret vernien: l'île du Saint Mystère

Dans Cinq semaines en ballon, Jules Verne n'a pas encore désigné la foi comme moyen de salut ultime pour l'humanité, en lieu et place du progrès. Mais on peut déchiffrer une telle intention dans L'île Mystérieuse, dont elle constitue sans nul doute le message caché. À première vue, ce roman ressemble à n'importe quel autre écrit de Verne : on y voit des hommes vaincre une nature hostile grâce à leur science et leur ingéniosité. Les lecteurs superficiels s'arrêteront là...

Mais Gilles Carpentier, un passionné de l'auteur, a fouillé cette ½uvre "jusque dans ses plus secrètes retraites", pour reprendre une expression du chapitre V. Et il en a exhumé des choses pour le moins étonnantes (*) Gilles Carpentier, Les mystérieuses sources d'une île, Bulletin de la Société Jules Verne n°128, 4ème trimestre 1998.

Tout d'abord, le Christ y est omniprésent, bien qu'en filigrane, sous les traits du protagoniste dominant: Cyrus Smith. Les preuves de cette identification déconcertante sont nombreuses, révèle Carpentier, et cela dès le début du roman. On y voit évoluer un groupe d'américains nordistes, évadés de geôles sudistes durant la guerre de sécession, et cela par le truchement d'une montgolfière, laquelle finira par s'écraser sur une île déserte du Pacifique. Au cours de ce naufrage, le fameux Cyrus Smith disparaît, au grand désespoir de ses compagnons. Mais l'un d'entre eux, Nab, refusant de s'avouer vaincu, lance au chapitre V (partie I) une tirade à double sens; "Non s'écria-t-il, non ! Il n'est pas mort ! Non ! ... n'importe quel autre, possible ! mais lui ! Jamais. C'est un homme à revenir de tout !..." De tout ? Même de la mort ? S'agit-il là d'un simple sursaut de désespoir, ou bien de quelque chose de plus profond, comme par exemple... une profession de foi, suggérée par notre romancier ?

"Cyrus Smith (est un) abolitionniste de raison et de c½ur" (chap.II). Verne n'a pas ici choisi au hasard son nom, puisque c'était celui du roi de Perse qui avait libéré le peuple d'Israël en 535 av. J-C, après soixante-dix ans de captivité à Babylone. Il s'agit donc d'une claire référence à la Bible. Mieux encore: "l'esclave, devenu libre, n'avait pas voulu quitter son maître. Il l'aimait à mourir pour lui", précise notre romancier. Or, un tel attachement d'un homme à son maître, cela s'appelle être un disciple... tout comme les apôtres vis-à-vis du Christ. Ce n'est pas tout: Jules Verne fait aussi clairement le lien entre Nab et l'un des apôtres, Saint Thomas, qui avait proclamé, après la mort du Christ: "Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt à la place des clous, je ne croirai point." (Évangile de Jean, chap.20, v.25). Or, que lisons-nous, au chapitre VI (Livre I) du roman ? "Tant que lui, Nab, n'aurait pas vu de ses yeux, touché de ses mains, le cadavre de son maître, il ne croirait pas..." !

Saint Luc relate les paroles de deux disciples, qui, le surlendemain de la crucifixion, reconnurent Jésus, bien vivant : "Et ils se dirent l'un à l'autre: Notre c½ur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin ? " (Évangile de Luc, chap.24, v.32). Cette soudaine transmutation du désespoir en une joyeuse assurance, Jules Verne la reprend également dans L'île Mystérieuse. Jusqu'à ce que les naufragés retrouvent Cyrus Smith, ce n'était que déprime parmi eux, spécialement chez l'inconsolable Nab. Mais après, quel changement : "Autant valait se trouver avec Cyrus dans une île déserte que sans Cyrus dans la plus industrieuse ville de l'Union. Avec lui, on ne pouvait manquer de rien. Avec lui, on ne pouvait désespérer. On serait venu dire à ces braves gens qu'une éruption volcanique allait anéantir la terre, que cette terre allait s'enfoncer dans les abîmes du Pacifique, qu'ils eussent imperturbablement répondu: « Cyrus est là ! Voyez Cyrus ! »" (chapitre IX, partie I). C'est l'allégresse inébranlable de Pâques qui s'exprime dans ce passage, bouleversant toute réflexion rationnelle sur la vie et la mort.

De plus, Verne fera dans ce roman maintes allusions au jour commémoratif de la Résurrection, en respectant scrupuleusement les dates des années où se déroule l'histoire (Pâques 1865 et 1866, respectivement les 15 et 1er avril). Et comme par hasard, c'est à la veille de ce même Pâques que les naufragés observeront la constellation de la Croix du Sud (dont ils se serviront pour relever leur position avec un compas en forme de croix), et qu'ils découvriront un arbre à pain, dont il est dit que ce "n'était pas encore du vrai pain de froment mais qu'on y touchait presque". On le voit, même la Cène fait partie du décor : "Mais le lendemain étant un dimanche, et même le dimanche de Pâques, tous convinrent de sanctifier ce jour par le repos. Ces américains étaient des hommes religieux, scrupuleux observateurs des préceptes de la Bible, et la situation qui leur était faite ne pouvait que développer leurs sentiments de confiance envers l'Auteur de toutes choses".

Gilles Carpentier, au cours de son étude sur L'Ile Mystérieuse, a découvert une chose stupéfiante, à partir d'un passage ambigu du roman, où l'on voit l'incontournable Cyrus Smith ouvrir sa Bible "au hasard", et tomber sur un passage marqué d'une croix rouge, tiré de l'Évangile de Matthieu: "Qui cherche trouve...". Pourquoi Verne aurait-il précisé cela, si ce n'est pour indiquer l'existence d'un sens caché dans son ouvrage, que l'on pourrait déceler à condition de faire des recherches ? À commencer par le nom même de Cyrus Smith, "quasi-anagramme de Jésus Christ. En effet, le mot «CHRIST» se trouve entièrement dans les lettres du nom de l'ingénieur. Il nous reste alors les lettres «YMSU». Un simple quart de tour et la lettre M devient E, et donne «YESU» (CYRUS SMITH => YESU CHRIST)". Et Carpentier de conclure: "Le choix des noms des héros a toujours une grande importance chez Verne. On connaît son goût pour les anagrammes et autres jeux de lettres et de mots. Ce quasi-anagramme «Cyrus Smith - Jésus-Christ » n'est évidemment pas dû au hasard ".

Cyrus Smith n'est d'ailleurs pas le seul personnage derrière lequel s'en cache un autre : c'est aussi le cas pour Gédéon Spilett. Notre romancier le décrit, comme étant "de la race de ces étonnants chroniqueurs (...) qui ne reculent devant rien pour avoir une information exacte, (...) homme (...) plein d'idées, ne comptant ni peines, ni fatigues quand il s'agissait de tout savoir, (...) véritable héros de la curiosité, de l'inédit, de l'inconnu, de l'impossible". Ceux qui connaissent bien l'auteur ne peuvent pas ne pas faire le lien: c'est un véritable autoportrait ! Gilles Carpentier nous en donne la preuve : il n'y a qu'à prendre les initiales de Gédéon Spilett (G.S.), puis les décaler de trois lettres vers la fin de l'alphabet, pour trouver... J.V., autrement dit Jules Verne ! Ses bloc-notes représentent donc un miroir du roman lui-même, roman dont la colonne vertébrale est constituée par les paroles, les exploits (les miracles ?) de Cyrus Smith. En d'autres termes, ce roman n'est autre qu'un témoignage de Jules Verne à propos de Jésus-Christ. Un témoignage crypté, certes, mais bien réel.

La réconciliation de l'homme avec lui-même et avec son Dieu

Nous voici donc arrivés à la question fondamentale: Pourquoi notre romancier s'est-il amusé à un tel jeu de piste ? Quelle conviction, trop intime pour être exprimée en langage clair, a-t-il voulu nous laisser ? Au-delà de la lecture sommaire, destinée à son public habituel, avide d'épopées scientifiques où le progrès l'emporte sur l'hostilité de la nature; au-delà également de l'apparence de Cyrus Smith, à première vue héros classique vernien, ingénieur de son état et faiseur de miracles technologiques; au-delà du vernis habituel, donc, on discerne une interrogation lancinante, déjà évoquée plus haut: Quel sens donner à la souffrance humaine, notamment aux tourments que l'homme inflige à l'homme, et comment solutionner ce problème immense ?

Ce questionnement est masqué, assurément, car Jules Verne n'osait peut-être pas affronter à découvert la critique de l'époque, vouée corps et âme à Dame Science, ni décevoir ses admirateurs, lesquels constituaient son fond de commerce. Notons d'ailleurs que le personnage de L'Ile Mystérieuse qui incarne le mieux cette problématique, est tout aussi dissimulé qu'elle: il s'agit de Nemo. Car c'était bien dans cette île qu'avait fini par se calfeutrer ce grand déçu de l'humanité, une fois tous ses compagnons enterrés dans les profondeurs de l'océan. Irréconciliable, désespéré, ne croyant plus ni en Dieu, ni à ceux créés à son image, Nemo avait pourtant dû assister, du fond de sa crique souterraine, aux tribulations des naufragés qu'il voulut d'abord fuir sans toutefois y parvenir.

Alors, nous dit le romancier, le capitaine misanthrope "observa ces hommes jetés sans ressource sur une île déserte, mais il ne voulut point être vu. Peu à peu, quand il les vit honnêtes, énergiques, liés les uns aux autres par une amitié fraternelle, il s'intéressa à leurs efforts. (...) Il apprit d'eux l'immense effort de l'Amérique contre l'Amérique même, pour abolir l'esclavage. Oui ! Ces hommes étaient dignes de réconcilier le capitaine Nemo avec cette humanité qu'ils représentaient si honnêtement dans l'île ! (...) Ce grand misanthrope avait soif du bien..." (chapitre XVI de la 3ème partie).

C'est donc la fraternité transcendante des membres de l'Église que Verne entend ici encenser. Ce passage fait en effet directement écho aux paroles du Christ à ses disciples, peu avant sa mort: "Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. (...) A ceci, tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres" (Évangile de Jean, chap.13, v.34-35). Et voilà Nemo, type de l'athée cynique et aigri, qui sent la glace de son c½ur fondre, au fur et à mesure qu'il assiste aux témoignages d'affection et de solidarité qui font le quotidien de ces hommes. À tel point que cela lui redonne envie; envie d'aimer, de s'investir pour son prochain, de participer à la vie de cette petite communauté, bref, d'y croire encore.

Et le voilà, sauvant les naufragés de mille dangers (flots déchaînés, maladies, pirates) tout au long du roman; le voilà convoquant ceux-ci dans sa crypte secrète pour prendre une ultime fois, avant sa mort, un grand bain d'humanité; le voilà, surtout, demandant à Cyrus Smith de juger sa vie après lui en avoir révélé les tréfonds (chapitre XVI, partie III), allusion directe à la parole de l'apôtre Paul, lequel proclame que "Dieu jugera par le Christ-Jésus les actions secrètes des hommes" (Épître de Paul aux Romains, chap.2, v.16.).

Signalons aussi que cet épisode de la confession de Nemo, illustré dans l'édition Hetzel par un certain Férat, présente une particularité très évocatrice: Dans cette gravure, en effet, on voit en fait deux scènes se dérouler, dont l'une décrypte l'autre. La première colle au texte de Jules Verne, et l'on y voit Nemo, étendu sur un divan, livrant l'intimité de son âme à Cyrus Smith debout à son chevet, lui-même entouré de ses compagnons naufragés (Spilett, Nab, etc...). Or, dans le fond de l'image, on aperçoit, accroché au mur, un tableau dans lequel on discerne ce qui ne peut être qu'une scène de l'Évangile, laquelle n'est pas là par hasard: Elle a évidemment pour vocation de donner une signification spirituelle à la fin de Nemo. En effet, dans cette toile sont représentés le Christ (debout, et désignant les Cieux du doigt), un personnage repentant (à genoux et les mains jointes devant lui), avec autour trois apôtres, debouts, eux aussi. On l'aura compris: les deux images, parfaitement synchronisées, constituent chacune la transposition de l'autre. Autrement dit: Nemo est ici un type universel de l'homme reconnaissant son péché devant le Fils de Dieu afin qu'il les absolve.

Le message est on ne peut plus clair: l'humanité moderne, toute bardée qu'elle est de technologie, incarnée par le génial capitaine Nemo, a besoin de se réconcilier avec son Créateur afin de retrouver la paix de l'âme et de donner un sens à la souffrance. Nemo le déchiré, Nemo le dévasté par d'indiscibles douleurs, c'est celui-là même qui, après sa confession, exorcise ses vieux démons en bénissant avec larmes le plus jeune membre du groupe des colons. Pardonné par Celui qu'incarne Cyrus Smith, le vieil homme pardonne à son tour à l'humanité qui l'a tant meurtri. C'est l'illustration même d'un célèbre passage du Notre Père: "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés" (Évangile de Matthieu, chap.6, v.12).

L'Ile Mystérieuse porte donc bien son nom, puisque la plus sublime des énigmes qu'elle renferme en son sein, au fin fond d'une crypte secrète, c'est le Mystère par excellence, celui de la Rédemption de l'homme par le Christ, l'homme-Dieu, le "Prince de paix", d'où l'apaisement des conflits et l'élimination définitive de toute forme de souffrance. C'est le retournement complet, le miracle hallucinant, qui fait dire à l'anarchiste militant qu'était Nemo, à cet aigri qui ne croyait plus que dans la science, ces derniers mots avant de rendre l'âme: "Dieu et Patrie !" (chapitre XVII, 3ème partie).

Une ultime précision toutefois, destinée à ceux qui auraient la mauvaise foi de prétendre que Verne n'aurait cédé à la tentation religieuse que par souci de plaire ou par simple concession: lorsque Cyrus Smith, au chapitre XXI de la partie I, évoque certaines de ses conceptions sur la fin du monde et la naissance d'un nouveau, Spilett lui répond: "Mon cher Cyrus, ces théories sont pour moi des prophéties et elles s'accompliront un jour." L'affaire est claire: Gédéon Spilett qui adhère aux thèses de Cyrus Smith, ce n'est pas autre chose que Jules Verne qui croit aux prophéties de Jésus-Christ, celles qu'il a transmises sous forme de visions à l'apôtre Jean: "Je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu" (Livre de l'Apocalypse, chap.21, v.1). Un monde nouveau donc, où les hommes habiteront avec Dieu, selon les paroles mêmes du Christ: "Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. (...) Car je vais vous préparer une place. Donc, si je m'en vais, et vous prépare une place, je reviendrai et vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi" (Évangile de Jean, chap.14, v.2-3).
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# Posté le jeudi 31 janvier 2008 16:40

Citations sur Dieu

Citations sur Dieu
Découvrez des citations peu connues de personnages célèbres...



LENINE (V. I Oulianov, dit)(1870-1924) révolutionnaire russe, fondateur de l'état soviétique :
"Je préfère un millionnaire ou un capitaliste qui nie Dieu à un paysan ou un ouvrier qui croit en lui"
(Note AT2V : Nous n'avons pu retrouver la référence de la citation)


KARL MARX (1818-1883) théoricien du socialisme. Créateur du marxisme et des mouvements athées les plus influents :
"Je veux me venger de Celui qui règne là-haut." (Dietz-Vig.1975, Abt.I, Bd.I, S.640-661)
Face à la mort, il dit : "Ainsi donc, j'ai manqué mon ciel, je le sais avec certitude. Mon âme qui appartenait à Dieu est destinée à l'enfer. Ah, l'Eternité, ce sera notre souffrance éternelle..." (Abt. I Bd. I, S.640-661 "Die blasse Maid", Dietz-Verlag Berlin 1975)

JOSEPH STALINE (J.V. Djougatchvili, dit)(1879-1953) Chef d'état de la Russie ayant pris la succession de Lénine :
Il dit devant le Soviet Suprême (21.12.1952): “Marx a forgé cette formule : la religion est l'opium du peuple. Ainsi il a amputé l'homme de sa conscience. Un homme sans conscience perd sa responsabilité devant Dieu. Moi, votre Führer Staline, connais bien la religion, puisque j'ai été, comme vous le savez, au séminaire en Georgie. Je me suis laissé amputer ma conscience par Marx et Lénine.” (Die Bibel f.d. Welt, Jahrg. Nr.4, 1978)


ADOLF HITLER (1889-1945) homme politique et chef d'État allemand :
"Les 10 commandements ont perdu leur valeur. La conscience est une invention juive. Je délivrerai les hommes des tortures humiliantes et malpropres de la conscience. Au lieu de cette doctrine d'un rédempteur divin, qui à notre place offre sa douleur et sa mort, nous proclamons la doctrine d'un nouveau Führer qui au nom de tous agit et qui délivre la masse des croyants du poids du libre arbitre." (Gespräche mit Hitler, H.Rauschnigg)

FRIEDRICH NIETZSCHE (1844-1900) philosophe allemand athée :
“Au Dieu inconnu... à qui j'ai consacré au plus profond du coeur des autels, que ta voix me rappelle sans cesse. Et que maintenant s'enflamme la Parole gravée : Au Dieu inconnu. Je lui appartiens, même si à l'heure actuelle je fais partie du clan des impies, je lui appartiens - et je sens au milieu de la lutte les collets qui me lient à Lui, nonobstant mon désir de fuir, ils me forcent à le servir. .. O Toi, l'Inconcevable, à moi apparenté ! Je veux te connaître, te servir.” (F. Nietzsche, Dem unbekannten Gott, nach K. Löwith, Zeit-u. Unzeit-gemässes, Frankf.a.M.,1956,240)


EMMANUEL KANT (1724-1804) philosophe allemand :
"La raison se révolte à l'idée que tout s'est fait par hasard. Deux choses nous remplissent d'admiration et de respect: le ciel étoilé au dessus de nous et la loi morale en nous."
(Note AT2V : Nous n'avons pu retrouver la référence de la citation)

LOUIS PASTEUR (1822-1895) biologiste français, créateur de la microbiologie :
"Un peu de science éloigne de Dieu ; Beaucoup de science y ramène"
(Note AT2V : Nous n'avons pu retrouver la référence de la citation)


JEAN DE LA BRUYÈRE (1645-1696) écrivain et moraliste français :
"L'impossibilité où je suis de prouver que Dieu n'est pas me découvre son existence." (extrait de Les Caractères)

JEAN JAURES (1859-1914) homme politique français (marxiste et socialiste):
"Si l'idée même de Dieu prenait une forme palpable, si Dieu lui-même se dressait visible sur les multitudes, le premier devoir de l'homme serait de refuser l'obéissance et de le traiter comme l'égal avec qui l'on discute, mais non comme le maître que l'on subit." (Discours à la jeunesse prononcé au lycée d'Albi, 1903)



FIODOR MIKHAÏLOVITCH DOSTOÏEVSKI (1821-1881) écrivain russe :
"Si Dieu n'existe pas, tout est permis." (extrait de Les frères Karamazov)

JACQUES ATTALI (né en 1943), économiste, écrivain et haut fonctionnaire français :
"C'est plus facile d'avoir chacun son dieu, ça permet d'être Dieu soi-même". (Extrait d'une émission sur France Culture - 1994)

SAINT JACQUES (Ier siècle), demi-frère (ou cousin) de Jésus, responsable de la première Eglise à Jérusalem :
"Dieu résiste aux orgueilleux mais il fait grâce aux humbles... Approchez-vous de Dieu ; et Dieu s'approchera de vous". (La Bible, épître de Jacques, ch. 4 v.7-8)

BLAISE PASCAL (1623-1662) mathématicien, physicien, philosophe et théologien français :
"C'est le coeur qui sent Dieu, et non la raison." (Extrait des Pensées)


MERE TERESA (Agnes Gonxha Bojaxhiu, dite)(1910-1997) religieuse catholique qui s'est consacrée aux pauvres de l'Inde, pris Nobel de la paix en 1979 :
"Si nous sommes pleins du péché, Dieu ne peut nous remplir, car Dieu lui-même ne peut remplir ce qui est plein. Voilà pourquoi nous avons besoin du pardon : nous nous vidons, et Dieu nous remplit de lui-même". (Extrait de La joie du don)



Saint Paul (Ier siècle), apôtre à l'origine de plusieurs églises dans le bassin méditerranéen :
"Car depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses ½uvres quand on y réfléchit." (La Bible, épître aux Romains, ch. 1 v. 20)

# Posté le jeudi 31 janvier 2008 16:48